De la trompette

Il y a cette musique que j’écoute régulièrement, celle qui remplit ma vie, à tout moment. Cette musique qui apaise, qui fait voyager, qui me permet de réfléchir. Plus je l’écoute et l’apprécie, et plus son effet sur moi est flagrant, enrichissant.
J’ai commencé à éprouver ça avec Chet Baker, découvert sur le tard, vers les 30 ans avec l’album « No Problem ». C’est toujours mon album fétiche du maître. Ensuite, il y a eu Erik Truffaz, talentueux trompettiste suisse. Ecouter Truffaz est pour moi à chaque fois une expérience, un moment de plénitude en même temps que de réflexion. Oui, c’est en écoutant Erik Truffaz que j’ai pris quelques grandes décisions de ma vie. Un soir, en concert, seul face à la scène, face à ce trompettiste jouant les yeux fermés. Certains prennent une décision en moins de 7 respirations, moi ça a été en moins d’un morceau live de Truffaz, on fait ce qu’on peut.

Depuis quelques temps, Ibrahim Maalouf commence à avoir le même effet sur moi. Le style est différent, mais la musique reste tranquille, calme, et en même temps si puissante. Là où ses premiers albums étaient résolument tournés aussi vers la musique arabisante, avec son dernier album, il s’ancre dans le jazz de bout en bout. Et c’est aussi bien. Très bien même. L’album Wind porte bien son nom. Un vent qui nous emmène.
De son album précédent, je ne saurai que trop vous conseiller deux morceaux emblématiques. Tout d’abord Beirut. Un bijou ciselé, au rythme calme, et qui prend son envol au bout de plusieurs minutes. Le morceau est long, plus de 11 minutes, et c’est bon. J’ai rarement ressenti une force pareil dans un morceau aussi calme.
Le deuxième morceau à écouter est basé sur un gimmick qui reste dans la tête toute une journée. Je l’ai entendue en concert, et elle m’est resté plusieurs jours. Will soon be a woman est encore un de ces morceaux que j’écoute régulièrement. Ceux qui me suivent sur Facebook le savent, je les poste relativement souvent.
Et donc, son dernier album, disais-je. Wind. Un bijou jazzy, dans la lignée de Miles Davis, de Chet Baker. De la grande trompette. Des morceaux aux titres simples, comme Mistery, Doubs ou encore Sensuality. A écouter, calmement, simplement.
Digiborigène je suis.

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 Écrit en écoutant : Wind - Ibrahim Maalouf

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